DPE 2027 : un nouveau rééquilibrage en faveur des logements chauffés à l’électricité

Publié le : 2 septembre 2026

Vous êtes propriétaire d’un logement chauffé à l’électricité, actuellement classé F ou G ? Un arrêté publié le 26 août 2026 au Journal officiel pourrait faire évoluer favorablement votre étiquette énergétique dès 2027, sans que vous ayez à engager le moindre euro de travaux. Voici ce que cette réforme signifie concrètement pour votre bien.

À compter du 1er janvier 2027, le coefficient de conversion appliqué à l’électricité sera abaissé, avec pour conséquence directe une révision à la hausse de l’étiquette énergétique de plusieurs centaines de milliers de logements.

Un coefficient revu à la baisse pour l’électricité

Le DPE ne se contente pas de mesurer l’électricité consommée dans un logement : il applique un coefficient qui « majore » cette consommation, pour tenir compte des pertes d’énergie survenant lors de sa production et de son transport jusqu’au domicile. Plus ce coefficient est élevé, plus la consommation apparaît importante dans le calcul de l’étiquette, et plus le classement est pénalisé.

Ce coefficient était fixé à 2,3 pour l’électricité, contre 1 pour le gaz ou le fioul. Une première baisse, entrée en vigueur en 2026, l’avait ramené à 1,9. La réforme du 26 août 2026 l’abaisse une nouvelle fois, à 1,7, à partir du 1er janvier 2027, pour tenir compte du fait que l’électricité française est aujourd’hui produite de manière largement décarbonée.

300 000 logements classés F ou G pourraient sortir du statut de passoire thermique

Tous les logements utilisent de l’électricité, ne serait-ce que pour l’éclairage. Mais ce sont surtout les habitations qui y ont recours pour des usages plus énergivores qui seront impactées par la réforme, à savoir celles équipées :

  • d’un chauffage électrique ;
  • d’une climatisation ;
  • d’un système de production d’eau chaude sanitaire électrique.

Pour ces logements, la baisse du coefficient de conversion peut permettre à l’étiquette du DPE de gagner une classe, voire deux dans certains cas, notamment pour les petites surfaces.

Selon l’étude d’impact transmise au Conseil supérieur de l’énergie, environ 300 000 résidences principales devraient sortir des classes F et G au 1er janvier 2027 du seul fait de ce calcul, sans travaux de rénovation. Parmi ces logements, environ 125 000 sont aujourd’hui occupés par des locataires.

Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas concernés, le coefficient de ces énergies restant inchangé. Par ailleurs, comme pour la réforme de 2026, aucune étiquette ne peut se dégrader du fait de ce nouveau calcul.

Comment obtenir sa nouvelle étiquette

Aucune nouvelle visite d’un diagnostiqueur n’est requise. À partir du 1er janvier 2027, les propriétaires disposant d’un DPE valide pourront télécharger gratuitement une attestation actualisée sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, en renseignant le numéro de leur diagnostic existant. Cette attestation est utilisable pour une vente, une nouvelle mise en location ou un audit énergétique. Pour un bail en cours, la mise à jour ne pourra être opposée qu’au moment du renouvellement ou de la reconduction du contrat.

Les DPE réalisés à compter du 1er janvier 2027 intégreront automatiquement le nouveau coefficient.

Quelles conséquences pour les propriétaires bailleurs

L’étiquette obtenue au DPE conditionne aujourd’hui la possibilité de mettre un bien en location. Le calendrier d’interdiction des logements les plus énergivores, déjà engagé, se poursuit indépendamment de cette réforme :

  • les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025 ;
  • cette interdiction s’étendra aux logements classés F à partir du 1er janvier 2028 ;
  • puis aux logements classés E à partir du 1er janvier 2034.

D’autres évolutions réglementaires sont en cours d’examen : le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté en première lecture au Sénat début juillet 2026, prévoit la possibilité de remettre en location un logement classé G sous réserve d’un engagement de travaux. Son examen à l’Assemblée nationale est prévu à l’automne.